Les lesbiennes et la pornographie:Le porno lesbien encore balbutiant |
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| Vendredi, 27 Février 2009 00:43 | |
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rue89.com
Les lesbiennes et la pornographie. Voilà un sujet brûlant qui continue de passionner les filles, et de les diviser. Leur avis sur la question ne souffre aucune tiédeur: certaines adorent, et peuvent même devenir de vraies obsédées, beaucoup d’autres détestent. Mais les films de lesbiennes réalisés par des lesbiennes pourraient changer la donne. Beaucoup de lesbiennes ne sont pas excitées par les images de leur sexualité "nue", elles ont besoin d’un scénario ou d’une rêverie pour enrober leurs pulsions. Elles ne trouvent pas d’intérêt à voir sur écran ce qu’elles préfèrent vivre dans leur chambre à coucher.
Aux pornos, elle préfère ses "fantasmes" et autres "délires intellectuels" sur lesquels elle peut se laisser aller librement. Peut-être une façon d’échapper au fait que les lesbiennes ont toujours été hyper présentes dans l’imaginaire sexuel hétéro masculin, en rejetant en bloc le porno, assimilé à une "pratique sexuelle", pour une sexualité plus soft.
Excitée par les pornos gays ou hétéros Pour d’autres, qui préfèrent également l’érotisme lesbien à la pornographie, il est plus facile de se réfugier dans l’univers du porno gay, où elles peuvent projeter ce qu’elles veulent sur deux garçons qui baisent ensemble. Anne, Parisienne de 30 ans, est beaucoup plus excitée par les pornos gays ou hétéros, car pour elle "la vue d’un pénis dans un cadre uniquement porno" est excitante:
Avoir un pénis –ou lui substituer un sex toy– et vivre les scènes de séduction ou de sexe vues dans les films sont des fantasmes partagés par beaucoup de filles. Ainsi, la rédactrice en chef d’une revue lesbienne étrangère est, elle aussi, davantage excitée par les pornos gays. Mais elle souhaite rester anonyme, car ce n’est pas politiquement correct pour une lesbienne de dire que la vue d’un sexe d’homme, hors contexte, peut être excitante. Pourtant, certaines adorent s’imaginer baiser une autre fille avec un pénis, vivre une sexualité de gay à l’intérieur d’un corps de fille. Pour d’autres, la pornographie est un élément essentiel à leur épanouissement sexuel. C’est le cas de la journaliste Tatiana Potard, une des rédactrices de notre premier dossier sur le porno lesbien (Têtu n°99). Elle assume son envie de cul et en a même tiré un livre, Sex Addict (éditions KTM):
L’"érotisme gnangnan [la] fait profondément chier", et elle préfère nettement «une scène bien filmée, avec des nanas bandantes, et un fond de bonne musique rock". Ce qu’elle trouve dans une nouvelle génération de pornos identifiés comme queer et pas seulement lesbiens, type One Night Stand, d’Emilie Jouvet, en France, ou les films de Pink and White. Ce studio de San Francisco a produit Crash Pad, qui est devenu une web-série, et In Search of The Wild Kingdom, très rythmé, cru, chaud, où le sexe ne s’embarrasse pas de manières, et où les lesbiennes semblent s’affranchir de leur culpabilité face au hard. Envie d'une véritable culture cul Sandrine, elle, attend avec impatience l’ouverture "de backrooms lesbiennes avec diffusion de pornos en boucle". Son amie, Marie, sur la même longueur d’onde, a longtemps "envié" la véritable culture du cul développée par les gays: leurs pornos, leurs saunas, leurs backrooms. Elle est comblée depuis qu’elle a découvert "les films Erocktavision de Dana Dane, avec exactement les filles très féminines qui (l)’excitent". Dans la catégorie sado-masochisme lesbien, actrices très féminines et esthétique léchée, les films de Maria Beatty s'imposent comme des classiques du porno lesbien. Ses films les plus connus: The Black Glove, The Elegant Spanking, Ladies of The Nights sont des plongées dans l'intériorité de la réalisatrice avant d'être des expériences érotiques, où la musique et bien sûr, la photographie et le cadrage sont prédominants. La réalisatrice américaine construit depuis plus de quinze ans une oeuvre qui dépasse par sa cinématographie et sa recherche esthétique les codes rigides et répétitifs du porno comme genre. Ses derniers films de "Skateboard Kink Freak", "Post Apocalyptic Cow Girls" (voir photo) et "Strap On Motel" sont plus crus, le sexe y est plus génital moins ritualisé, les bandes originales sont très rythmées, et les actrices toujours aussi excitantes. La pornographie lesbienne encore balbutiante ne peut avoir que de beaux jours devant elle en France car, si l’on en croit Laura Merrit, sexologue berlinoise et directrice d’un service d’escort girls uniquement pour les femmes:
Beaucoup de salive et de cyprine à venir… Photo: Post Apocalyptic Cow Girls (Bleu Productions)
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